HomeLéon
Leon Haulet 1921 Congo 150

LES LETTRES AFRICAINES DE LEON HAULET A SES PARENTS de 1928 à 1930


LETTRE 3
__________________________________________________________________

                                                                               

                                                                                                Muramoia, 29 février 28

                                                                    

Mon bien cher papa,

Me voilà en route. Je suis resté quelques jours à Usumbura pour les courses, visites officielles, etc.. J’ai retrouvé pas mal de vieilles connaissances dont le Lieutenant Colonel Pieren chez qui j’ai logé et pris mes repas en dehors des autres invitations.

Le 20, je suis grimpé à Bagatelle, notre camp de base pour organiser ma caravane et prendre ce dont j’avais besoin. Le chef d’escorte avait sa femme nouvellement accouchée à l’hôpital d’Usumbura et faisait la navette, ce qui m’a retardé.

A Usumbura et à Bagatelle, ce fut des journées mal organisées et très fatigantes.

Enfin, tout était à peu près en ordre, j’avais trouvé 4 boys … aussi bêtes les uns que les autres, deux de mes anciens porteurs étaient venus me rejoindre, plus le palefrenier avec le brave Philibert en excellente santé, même gros et gras ! et avec 3 soldats, dont un qui m’a suivi pendant 2 ans déjà, je suis reparti dimanche passé.

Les premiers temps, cela ne marche pas comme on voudrait : le cuisinier sait faire du pain, du café, et pas grand chose d’autre, les autres boys à l’avenant … enfin cela ne marche pas trop mal et j’espère qu’un ou deux de mes anciens boys viendront me rejoindre sous peu.

Je suis arrivé hier au petit poste de Muramvya , à 3 étapes d’Usumbura. Il est dominé par une grosse montagne où j’ai, il y a 2 ans, construit un signal qui est toujours debout ! Je n’étais jamais passé par ce poste-ci, il est très joli, plein de fleurs et d’arbres mais il y fait humide et froid, on est environ à 2000m. La grosse curiosité du poste est le potager, vraiment splendide avec tous les légumes d’Europe et des fraises en abondance. Il y a aussi une école, et la résidence du jeune roi Mambusta de l’Urundi.

Ce jour, il a plu dès le matin et il drache encore maintenant. Je ne partirai que demain.

C’est la pleine saison des pluies ici, peu favorable à la caravane, on mange le pain noir avant l’autre.

Le major Hoier m’attend au Ruanda aux environs de Kigali-Kabgayi ; je ne le rejoindrai probablement pas avant 10 jours : d’ici je pars vers Ngosi, puis Butare, puis Nyanza, puis Kabgayi.

J’ai reçu avant-hier une lettre de Tensette ( sa sœur ), la première aux T.O. Elle dit que tous trois sont contents et en bonne santé !

Je me réjouis de recevoir une lettre de la maison. Mon cher papa – puisque, de nouveau, il faut s’y prendre à temps – je t’envoie mes vœux les plus sincères et les plus affectueux d’heureuse fête. C’est triste de devoir te la souhaiter de loin, mais je viens de passer un 2ème bon congé et de si bonnes fêtes en famille que j’aurais mauvaise grâce de me plaindre.

En attendant avec impatience de bonnes nouvelles de tous, j’embrasse tout le monde bien affectueusement, mes meilleurs baisers surtout pour toi, mon cher papa et ma chère mother. Vive St Léon ! Vive papa !

                                                                                                      

                                                                                                                Léon

 


 

EN SAVOIR PLUS :
(et plus si affinités... (une des devises de Léon ;-)

 

Campagne anglo belge 150

 


 

 LA PUB DE L'EPOQUE :

 

Pub Vanderelst 02 1928

 


 

 

 

 

Mis à jour le mardi 7 avril 2020 14:02

 
Leon Haulet 1921 Congo 150

LES LETTRES AFRICAINES DE LEON HAULET A SES PARENTS de 1928 à 1930


LETTRE 2
__________________________________________________________________

                                                                               

Carte2

         

                                                                                          Dar-Es-Salaam, 8/2/28

                                                                              

Mon cher papa, ma chère mother,

Me voici à Dar-Es-Salaam . C’est un four en cette saison. Nous avons débarqué avant hier, tout s’est bien passé ; nous avons évité le débarquement à Zanzibar qui n’avait rien d’agréable, car nous aurions dû y séjourner jusque vendredi prochain en attendant le petit steamer qui fait le voyage en six heures Zanzibar – Dar-Es-Salaam, et ce, dans un hôtel peu confortable.

Ici, l’hôtel est bien, mais on ne sait où se fourrer pour ne pas mijoter dans son jus … la nuit surtout est insupportable, on ne s’endort qu’au matin.

Dar-Es-Salaam n’a guère changé depuis 6 mois, à part quelques nouvelles constructions et magasins, mais les quelques personnes que j’y connaissais ne sont plus ici.

Nous sommes une dizaine de belges à partir pour Kigoma vendredi soir – les uns sympathiques, les autres moins, et quelques autres que je ne connais même pas.

J’ai fait la connaissance hier d’un M. Claes de Hasselt qui part pour une société à Usumbura ( Usa ) (Genex). Il est marié et père de 2 enfants, mais voyage seul. Il serait parent des Claes d’Alken, Goe ??? etc… et, en parlant de Hasselt, il me dit que Marguerite Hechtermans (cousine sous-germaine de L.H.) serait fiancée avec son cousin, à un Carlo Claes ?! Je me demande ce que c’est pour un monsieur, il a l’air bien élevé, mais que va-t-il faire dans cette société ? Je tâcherai de l’apprendre un de ces jours. Il parlait tantôt comme si sa famille était des distillateurs plus ou moins ruinés.

Nous serons près de dix à voyager ensemble jusqu’à Usa, il y a encore le chemin de fer du vendredi soir à lundi matin comme rude étape, et les journées du lundi et mardi dans le désert de Kigoma … puis cela ira mieux. Je serai content surtout quand je serai grimpé sur les plateaux du Kivu !

J’envoie par même courrier 3 prospectus des Messageries Maritimes avec quelques renseignements et vues des escales – aussi 2 photos prises par mes compagnons de voyage à Djibouti. Le bonhomme à lunettes et chapeau de feutre est l’ami de Walter de C. (Creeft) ; nous lui (à Walter) avons envoyé ce jour une carte à Sumatra.

Les escales ont été moins intéressantes pour moi que la première fois et les derniers jours du bateau, malgré une fête organisée pour le passage de l’équateur (où je fus une seconde fois baptisé tout habillé par les lances à eau) ne furent pas très gais ; la chaleur y était d’ailleurs pour beaucoup. Ici, on se rend compte que l’on est en Afrique et bien près du Congo. Les nègres qui parlent le « swaheli », le soleil, les fruits, les moustiques etc… Les   boys de l’hôtel nous servent très bien, il m’ont reconnu et, en général, ils préfèrent les belges aux anglais … peut-être bien seulement à cause du pourboire ?! N’empêche qu’ils sont fort respectueux et que ça fait plaisir quand des noirs qu’on a connus à peine quinze jours, et très peu, vous reconnaissent et viennent vous dire bonjour.

Cher papa, chère mother, je ne veux pas terminer cette lettre sans vous remercier de m’avoir tant choyé pendant mon congé. A tous les frères et sœurs aussi d’ailleurs et à la bonne tante Maria je dois des remerciements, car tous, comme vous, ils ont eu pour moi mille petites attentions auxquelles j’ai été fort sensible et que je ne saurais assez apprécier. La perte de la pauvre bonne maman à part, je n’aurais pas su passer un meilleur congé que les quelques mois que je viens de passer au milieu de vous.

A toi particulièrement, ma chère mother, mille fois merci de m’avoir tant gâté et de t’être donné tant de peine à composer mon équipement.

A un de ces jours, cher papa et chère maman, tous mes plus affectueux baisers à tous, spécialement à vous, et à mon grand camarade Dédé (André de Lamotte, son neveu, fils de sa sœur Marie épouse de Ferdinand de Lamotte) !

 


 

 LA PUB DE L'EPOQUE :

 

Pub Minerva 02 1928

 


 

 

 

 

Mis à jour le mardi 7 avril 2020 17:07

 
Note utilisateur:  / 0
Leon Haulet 1921 Congo 150

LES LETTRES AFRICAINES DE LEON HAULET A SES PARENTS de 1928 à 1930


LETTRE 1
__________________________________________________________________

 

                                                                                            S.S. Général Voyron

                                                                                            En mer

Bien chers papa et mother

Nous voguons … le voyage s’annonce très bien. La mer est fort calme et le bateau aussi, nous approchons de Port Saïd … déjà !

A Paris, comme je l’ai écrit de Marseille, je suis arrivé à 13h, puis suis allé faire visite à Madame Laurenty (belle-mère de sa soeur Hortense). Elle allait très bien et n’avait pas de nouvelles spéciales de Tensette (sa sœur), Nicolas (son beau-frère) et bébé (Alice Laurenty) . J’ai rencontré là-bas le docteur Duyck, il ne compte plus retourner en Afrique et pense à se marier et s’installer en Normandie et, en attendant, concourt pour le prix de l’Académie de Médecine. Nous sommes allés voir Jean qui est installé magnifiquement à présent dans de vastes bureaux et magasins. C’est bien, mais c’est un fameux capital à amortir !

Il ne change pas et a l’air fort usé ; à 40 ans, ce sera un vieillard, s’il tient jusque là.

Le soir, j’ai soupé avec Duyck, un docteur français et sa dame que nous avions connus à bord d’Azay le Rideau. ,     ........(illisible)

Ils me conduisirent à la gare. Le train de nuit ne fut pas des plus amusants, avec de vieux anglais comme compagnons de route.

A Marseille, je suis descendu à l’hôtel Splendide – hôtel très chic où ma chambre était retenue. Aucune difficulté pour mes bagages. Le soir, j’ai, par hasard, rencontré la dame d’un capitaine qui était à bord d’Azay le Rideau.

Le lendemain, en m’embarquant vers 2h, j’ai vu plusieurs marseillais qui avaient aussi voyagé à bord d’Azay le Rideau et étaient en visite sur le Général Voyron. Ils m’ont présenté aux officiers de bord et à quelques passagers.

Ainsi, tant à Paris qu’à Marseille, je n’ai pas été seul au départ.

J’ai fait de suite connaissance avec 3 belges voyageant en 1ère classe : un agent de la Interfina, allant au Kivu, un ancien commandant de la Force Publique et……. allant à Usumbura ( Usa ) , un ancien agent de l’état et de Sumatra (où il a connu Walter de Creeft – cousin sous-germain de L.H.) et qui partage ma cabine.

Il y a aussi deux belges en seconde dont un était aussi à bord d’Azay le Rideau, un comptable de la Gécamines.

On attend à Port Saïd, l’architecte Jaspar (Ernest) pour les grands hôtels du Kivu ! Tout ce monde va à Usumbura ( Usa ) , tout au moins à Kigoma.

Je ne serai donc pas seul !

Il y a en plus quelques français fort sympathiques, 2 sous-lieutenants et un lieutenant mariés, des missionnaires, des mauriciens, des anglais peu amusants, assez bien d’enfants et beaucoup de vieilles personnes   ........(illisible)

Nous avons de la musique, phonos, piano, clarinette, violon …... pour amateurs, mais trop peu de danseuses. On joue beaucoup aux cartes surtout …...  

La nourriture est très bonne. Ma cabine …. mauvaise, pas de hublot, rien qu’un ventilateur donnant sur le pont, jusqu’ici pas gros inconvénient : il ne fait pas chaud, mais plus tard … la mer est magnifique, très calme, temps splendide, bref bonne traversée, mais peu d’entrain, trop calme à bord.

( il manque une suite ???)

 

 


 

EN SAVOIR PLUS :
(et plus si affinités... (une des devises de Léon ;-)

 

heliopolis 150

 


 

 LA PUB DE L'EPOQUE :

 

Pub Nasser 12 1927

 


 

 

 

 

Mis à jour le mardi 7 avril 2020 14:29

 
Asahi-Pentax-Spotmatic-DSC_0081-700wtmk.jpg

En ligne ?

Nous avons 11 invités et aucun membre en ligne